lunes, 23 de abril de 2012

Je suis la lune

Texte écrit sur un remix de J’ai demandé à la Lune, de Indochine, par Frederick Sanchez

AUDIO http://www.mediafire.com/?zp1avic5h5pvj5z

J’ai pensé à tout en toi, Ton âme, tes désirs, ta folie destructrice. J’ai pensé que je devais sauver tes rêves que tu crois envoles, tes fantasmes sur lesquels tu t’acharnes et qui t’échappent. Tu vis avec ton désespoir, enchainée à tes désirs inassouvis. Nue, tu t’étires dans une pause charnelle mais inerte.Je veux enlever tes chaines, je veux t’aider à renaitre, à croire à tes rêves, à accepter tes fantasmes qui restent dans les ténèbres de ton imaginaire.
Je veux te sortir de ton muse ou tu t’es laissée enfermer, avec d’autres semblables à toi, dans des positions aussi désespérées, figées, nues et pales, des âmes déchirées, dont  la vue satisfait les voyeurs qui en font le tour lentement, comme des vautours se régalant, les yeux se purifiant l’âme des malheurs que tu aimes décrire sans douceur, avec des mots ravageurs.
Quand tu dévoiles ton âme, j’ai envie de te protéger et que tu aies moins peur, que tes nuits soient moins blanches, que ta douleur soit moins noire, que tu arrêtes de vaciller, que tu t’enfonces moins dans des vertiges, que tu aies moins peur des naufrages sur des mers toujours en colère.
Arrête de te dévoiler. Il y a trop de curieux, tut e sens vulnérable, tut e fais du mal et tu te retrouves au plus bas comme une épave au fonds de la mer noire. Tu t’englues dans une boue sans cesse plus rafraichie, nourrie par les pluies qui coulent sur les vitres de tes yeux malheureux.
Et lui, dans l’ombre, qui te suis, qui t’aime comme son propre fruit, qui a fait le pacte de te soulager de tes peines. Il y a lui, qui se reflète en toi, qui se fond en ton âme, qui voudrait te serrer dans ses bras, qui ne peut pas, qui souffre avec toi, qui crie au-delà, espérant que tu l’entendes.  Dans sa douleur il est seul à comprendre.
N’oublies jamais les petits signes, les petits gestes, les mots, les silences, qu’il te transmet à sa manière.
Même quand l’angoisse te fait tituber, que tu trembles, que le jour et la nuit n’ont plus aucun sens, que la fièvre te prend, il y a moi, il y a lui, dans des mondes parallèles, virtuels mais sincères.
Un jour tu réussiras à t’évader, sans peur  de te faire mal, tes rêves prendront forme, elle te fera aimer la vie sans que tu t’y conformes. Il faudra bien y croire, le monde est fou, dis le toi.
Comme un enfant, tu dois réapprendre la vie, retour à la case départ, oublie qu’on t’a torture, mal aimée. Donne-moi l’envie d’y croire, ramasse mes Lourdes chaines, apprends-moi à marcher vers la lumière, vers la sortie de ce muse. Les autres me sourient aussi, tous trouveront une porte de sortie, tous ont besoin d’exister, de se faire un chemin, de se débarrasser des chaines du désespoir, tous ont besoin de rêver, sans se sentir totalement isoles. Chacun veut une épaule ou poser sa joue, des bras autour du cou, la chaleur d’un soufflé, des mots de réconfort, se sentir juste un peu plus fort.
Il a mal lui aussi, il ressent la douleur, mais il se bat contre ses démons intérieurs. Pourtant, il aimerait tout détruire, quelquefois il voudrait s’enfuir, les démons le tracasse, il a mal des pêchés qui l’assaillent, il aimerait lui aussi abolira ses souffrances.
Mais je l’aime, j’idolâtre son âme noble, je me blottis contre son cœur, je l’entends battre la mesure, il calme mes angoisses, il est mon SALVATEUR.
Ce que seraient mes rêves:
Se saouler de ses mots, de sa voix, de ses bras. J’avalerais sa bouche toute entière, je toucherais son visage comme si je ne le voyais pas, il aurait les yeux éperdus de désir, je détournerais le regard, j’imaginerais sous ses habits son corps, j’y poserais mes mains et je sentirais la chaleur dans mon ventre, les jambes tremblantes pour le laisser passer. Je m’abandonnerais à ses manières, je quitterais la terre.
Christian Bachelin dans Neige Exterminatrice a dit
“Ton âme, c’est la fume d’un bateau qui s’éloigne, le ciel, une falaise
Ton regard une vague perdue sur la mer.”
Il a dit aussi
“De l’autre cote du monde, il y a de l’ombre, du vent et des songes
Et tout se passe  au loin dans le pays des homes
Ici  l’infini se suffit à lui même
Dans le vide parfait ou naissent les étoiles.”
Rimbaud, le Bateau Ivre
Mais vrai j’ai trop pleuré

Les aubes sont navrantes
Toute lune est atroce
Et tout soleil amer
L’âcre amour m’a gonflé de torpeurs enivrantes.

Ce texte est dedié a deux personnes que j’aime beaucoup.