Irréparables nous gisons ainsi sur le sol, éparpillés.

Moi la poupée au regard figé, les jambes écartelées. Toi le soldat abimé, figé dans ton élan. Et personne pour nous réunir...
Deux âmes délaissées...
Ce soir on va nous ramasser, nous jeter dans un panier, nous allons suffoquer, on sera séparés.

La nuit toi la fille couchée dans ton lit tu pleures. Un lit devenu trop petit, l'envie de sortir des draps..Tu m'as jetée par terre, et je gis la comme une culotte sale au milieu des winnies l'ourson que forment le tapis. Et tu me regardes m'éloigner de ton cœur.Tu sens l'enfance t'échapper, tu n'as plus peur de dormir seule la nuit, tu resteras éveillée dans le noir et tu écouteras les battements de ton cœur, tu sentiras des sensations nouvelles t'envahir le corps.

De mes yeux figés je te regarderai, triste de ne plus te protéger, a me demander ce qui me remplacera. Car demain c'est le grand jour. Le jour du ménage de printemps. Tu m'auras ramassée, remise dans le panier et montée au grenier.
Je vivrai dans le noir jusqu'au jour ou tu viendras me récupérer pour la brocante du village. Peut-être ressentiras- tu un peu d'affection pour moi avant notre separation.. peut-être deviendrais-je un objet de décor ou bien je resterai un jouet.
Mon amoureux le soldat tu le mettras dans une boite en carton, avec d'autres personnages réservés aux garçons. A la fin de la vente, l'un continuera à vivre dans la lumière l'autre retournera au grenier. Mais nos âmes seront perdues.

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