jueves, 14 de julio de 2011

la cour, le lointain

Sous le ciel bleu-gris de Paris, sous les toits d'un vieil immeuble sans ascenseur, aux escaliers en bois vernis, elle regarde le lointain derrière les vitres...avec ses bonhommes imaginaires qu'elle dessinait a la va vite, elle partait dans des voyages lointains, intérieurs, des bonhommes tous identiques, il yen avait cent, tous des caractères différents...Elle a arrêté de jouer dans la cour de l'immeuble, ou tout résonnait..On lui avait dit de ne plus faire de bruit, ca gênait les voisins..Il ne fallait pas y amener le chien non plus .Alors a la place, elle promenait le chien le long du cimetière...la ou les voitures n'avaient pas accès, ou les hommes jouaient aux boules.
Elle est toujours seule a regarder derrière les vitres, les géraniums cachent la vue. elle a arrêté d'arroser et elle attend..Elle entend au loin le bruit des voitures, la cour intérieur de l'immeuble sens le pain frais, ca restera son plus beau souvenir..La porte grande ouverte de la boulangerie en bas, l'odeur du pain frais, des pains au chocolat...
Il n'ya plus rien a faire ici, dans cette cour d'adultes ou on entend que le bruit des roues des poubelles...Pour aller jouer il faut aller au parc, la ou est le cimetière...la ou la vie s'est arrêtée, ou la mort est enterrée. Mais ou est sa grand-mère? Elle a été déplacée? On lui dit qu'il n'ya plus assez de place.
C'est silencieux par ici, pas de bruits inutiles, elle aime son quartier, pas de grands immeubles, des petits magasins...le cimetière, ca ne la dérange pas, ce long mur blanc.Ca lui rappelle qu'elle est du bon coté du mur, ca lui rappelle que la mort n'est pas si loin non plus...mais elle ne restera pas la, elle partira quand elle pourra...elle le laissera la, elle laissera l'immeuble ou elle a grandit, la pièce ou elle a grandit, avec ses rêves, ou il n'y avait pas beaucoup de place pour le reste, ni pour elle...Elle attend que les géraniums meurent et elle partira.

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