Les deux filles s'étaient donné
rendez-vous dans une brasserie du dix-huitième arrondissement. Elles s'étaient
dit qu'elles porteraient une jupe ce jour-là. Elles voulaient s'exhiber l'une à
l'autre, mais que les autres ne sachent pas, la liberté de se toucher, sans se
voir. Elles avaient choisi cet endroit parce que c'était public, vivant,
anonyme. Elles s'étaient assises sur une banquette en cuir rouge bordeaux,
retirée dans un coin de la brasserie...Elles étaient assises à coté l'une de
l'autre.
Les voix et les bruits des verres
qui clinquent faisaient écho et s'entremêlaient, et tout ce brouhaha résonnait
dans leurs oreilles. Elles étaient un peu intimidées l'une par l'autre, c'était
leur première fois entre elles, entre filles, en public.
Elles commandèrent un café au
serveur au tablier blanc, puis se rapprochèrent l'une de l'autre comme pour se
rassurer. Elles parlèrent de choses et d’autres, en attendant leur café, faire
en sorte que leur jeu soit nourri de normalité.
A travers la vitre on pouvait
voir l’enseigne du métro Abesses et les passants qui souriaient au printemps.
Tout en parlant, les yeux des filles scannaient l’intérieur du bistro. Il n’y
avait pas beaucoup de monde de leur côté. Deux hommes étaient assis un peu plus
loin avec un verre de vin, et une femme seule mangeait une salade. Des
peintures représentant Montmartre décoraient les murs et Aristide Bruant de
Toulouse Lautrec surveillait les lieux de son œil sévère.
Le serveur arriva avec les deux
cafés, les posa sur la table et les deux filles s’interrompirent de parler.
Elles se regardèrent en silence et la blonde commença. Elle dirigea sa main
sous la table, pour atteindre le dessous de la jupe de son amie.
Elle remonta sa main jusqu'en
haut de ses cuisses, ce qui la fit frémir. Son amie resserra sa main sur le
rond de serviette posé sur la table et ses mains se firent un peu moites. Elle
jeta un coup d’œil à la femme assise deux tables plus loin qui fixait la porte
vitrée d’un air absent. Les deux hommes, eux, payèrent et s’en allèrent.
Elle
bougea légèrement ses hanches, releva ses fesses pour les ajuster, car elles
collaient un peu au cuir de la banquette, ce qui permit à la blonde de glisser
sa main plus aisément.
Les yeux rieurs des deux filles
brillaient de malice et d'excitation et elles furent prises d’un léger embarras
qui les fit rigoler. Leurs pommettes se teintèrent de rose. La main de l’amie
rejoignit à son tour le haut des cuisses de la blonde qui se réajustait elle
aussi pour se rapprocher d’elle. Quand elles se sont trouvées toutes les deux,
confortables, elles s'adossèrent à la banquette, et se laissèrent aller au
plaisir des attouchements, à la sensation chaude et humide qui les prenaient,
au bien être sensuel de leur chair, au contact de leurs doigts qui exploraient
leurs entrejambes. Elles se sentaient fortes d’avoir osé.
Elles finirent leurs boissons,
payèrent et s’en allèrent, main dans la main.
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