Rimbaud, Départ
Assez vu. La vision s'est rencontrée à tous les airs.
Assez eu. Rumeurs des villes, le soir, et au soleil, et toujours.
Assez connu. Les arrêts de la vie. — Ô Rumeurs et Visions !
Départ dans l'affection et le bruit neufs !
Sacrilège
Assez vu. La vision s'est rencontrée à tous les airs.
Assez eu. Rumeurs des villes, le soir, et au soleil, et toujours.
Assez connu. Les arrêts de la vie. — Ô Rumeurs et Visions !
Départ dans l'affection et le bruit neufs !
Sacrilège
Ils ont brûlé la terre de leurs ancêtres,
la pâture des chiens errants, le refuge des âmes perdues
Sacrilège
De brûler les écrits d'une âme damnée,
je n'y toucherai pas, je te le promets.
J'ai encore une fois tréspassé sur
la terre couverte de mousse d'été, de fleurs bleues et jaunes, de ces fougères
ou dorment les serpents argentés.
Une saison des pluies, c'est mon deuxième
été dans ce jardin sauvage, maltraité par quelques démons,
Mais éclairé par les éclairs du
ciel, une lune pleine et des vagues d’étoiles.
La pluie céleste protège encore
cette terre sacrée.
Ce que je lis dans les journaux,
un fait divers des plus banals:
On a retrouvé une jeune fille allongée
sous le ciel ténébreux,
Un nuage de plomb recouvre son
corps a moitie défait,
La bouche du bleu qui l'entoure, ensanglantée,
Les joues couvertes de l'encre de
ses yeux qui cherchent à comprendre.
Désorientée d'un amour enchanté au-delà
des mers ou le courant m’entraîne,
Les requins en chemin guettent
mes mouvements.
Ils ont écouté mes plaintes mais
peu troublés, ayant du mal à digérer,
ils recrachent le morceau de
chair qu'ils ont arraché.
Un morceau de mon âme repose au
fonds de la mer et mes trésors avec.
Ce que je vois sur le bord du
chemin, un fait des plus banals:
Une jeune fille gît les genoux repliés
sur ce lit de mousse,
Comme un déchet jeté a terre. Il
est allongé près d'elle. Elle fixe le ciel, comme tétanisée et lui fume une
cigarette. Il manque quelque chose à l'enfance.
Les éclairs du ciel, la pluie céleste,
la lune amoureuse et les vagues d’étoiles
Chamboulent cette terre sacrée où
je continue de marcher pour évacuer les pensées,
Et chasser les fumées qui
remplissent l'air stagnant de l'été.
Un jour je trouverai la lumière
et la route qui m'emmènera vers toi,
Enveloppée du silence étouffant
de l'été, je m'éloignerai de la solitude dans laquelle je me suis enfermée,
Je retrouverai la terre de mes ancêtres,
je relèverai la tête et te verrai
au-delà des mers,
Je me serais posée sur les étoiles,
je trouverai ma place,
J'entendrai à nouveau les oiseaux
chanter, la brise du soir je la sentirai,
Les souvenirs d'enfance je les
retrouverai à travers les odeurs du printemps.
Je t'écrirai a la lumière de la
lune,
On oubliera tout ce que j'ai vu,
tout ce que j'ai entendu.
Salombo Indochine, Stade de France
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