sábado, 18 de agosto de 2012

Sacrilège d'été

                                 Rimbaud, Départ 

                                 Assez vu. La vision s'est rencontrée à tous les airs.
                                 Assez eu. Rumeurs des villes, le soir, et au soleil, et toujours.
                                 Assez connu. Les arrêts de la vie. Ô Rumeurs et Visions !
                                 Départ dans l'affection et le bruit neufs !



Sacrilège
Ils ont brûlé la terre de leurs ancêtres, la pâture des chiens errants, le refuge des âmes perdues

Sacrilège
De brûler les écrits d'une âme damnée, je n'y toucherai pas, je te le promets.

J'ai encore une fois tréspassé sur la terre couverte de mousse d'été, de fleurs bleues et jaunes, de ces fougères ou dorment les serpents argentés.
Une saison des pluies, c'est mon deuxième été dans ce jardin sauvage, maltraité par quelques démons,
Mais éclairé par les éclairs du ciel, une lune pleine et des vagues d’étoiles.
La pluie céleste protège encore cette terre sacrée.

Ce que je lis dans les journaux, un fait divers des plus banals:
On a retrouvé une jeune fille allongée sous le ciel ténébreux,
Un nuage de plomb recouvre son corps a moitie défait,
La bouche du bleu qui l'entoure, ensanglantée,
Les joues couvertes de l'encre de ses yeux qui cherchent à comprendre.

Désorientée d'un amour enchanté au-delà des mers ou le courant m’entraîne,
Les requins en chemin guettent mes mouvements.
Ils ont écouté mes plaintes mais peu troublés, ayant du mal à digérer,
ils recrachent le morceau de chair qu'ils ont arraché.
Un morceau de mon âme repose au fonds de la mer et mes trésors avec.

Ce que je vois sur le bord du chemin, un fait des plus banals:
Une jeune fille gît les genoux repliés sur ce lit de mousse,
Comme un déchet jeté a terre. Il est allongé près d'elle. Elle fixe le ciel, comme tétanisée et lui fume une cigarette. Il manque quelque chose à l'enfance.

Les éclairs du ciel, la pluie céleste, la lune amoureuse et les vagues d’étoiles
Chamboulent cette terre sacrée où je continue de marcher pour évacuer les pensées,
Et chasser les fumées qui remplissent l'air stagnant de l'été.

Un jour je trouverai la lumière et la route qui m'emmènera vers toi,
Enveloppée du silence étouffant de l'été, je m'éloignerai de la solitude dans laquelle je me suis enfermée,
Je retrouverai la terre de mes ancêtres,
je relèverai la tête et te verrai au-delà des mers,
Je me serais posée sur les étoiles, je trouverai ma place,
J'entendrai à nouveau les oiseaux chanter, la brise du soir je la sentirai,
Les souvenirs d'enfance je les retrouverai à travers les odeurs du printemps.

Je t'écrirai a la lumière de la lune,
On oubliera tout ce que j'ai vu, tout ce que j'ai entendu.

                               Salombo Indochine, Stade de France

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