Manille. La ville immense. Les rues en marge des grands boulevards abondent d'enfants, certains nus. Certains nous suivent. J'ai de la peine. Je veux leur donner. Je me limite à une rue en sortant de l'hôtel pour ne pas m'éloigner des sentiers battus. Les taxis s'arrêtent. Les tucs tucs m'appellent. Le lendemain, on prend un avion pour Cebu. On part à la gare. On trouve un car qui va nous amener très loin d'ici, a l'autre bout de l'île. Destination Bantayan une autre île, toute petite. On part mes enfants et moi. Je me suis trompée de car. Il n'y a pas la clim, il s'arrête à tous les villages. On va mettre 12 heures. On arrive en pleine nuit. Un de mes fils a été malade deux fois. On est tous serrés. Je ne sais pas ou il faut s'arrêter, ou on va dormir. Au bout du voyage, le bus nous arrête devant un hôtel dans un village pas loin du port. Il est ouvert. On est sauvés. Le matin on prend un bus pour le port. Il yen a qu'un, il ne faut pas le louper. Tout se passe bien. La traversée est calme. On est enfin arrivés.
C'est 8 mois après le typhon Haiyan, le 3 novembre 2013. Je n'ai rien planifié. On nous propose des hôtels. Il yen a un qui me plait. C'est des bungalows.
On est bien. Il ny a presque pas de touristes. Les seuls occidentaux sont des gens qui vivent aux Philippines, mariés à des philippines.
Mer translucide, plages désertes, débris. Silence. Tentes, enfants. Ciel lourd, chargé. Toit de fer, bruit de la pluie torentielle, incessante. L'Orage avance comme un canon et charge. La pluie s'abat sur les toits corragus. Plus d'électricité. Nous on a de la chance. On a un générateur. Dans ces iles il y a toujours le risque de l'écroulement, du déracinement, de la mort. On vit avec, on sourit de douceur, de tendresse.
Le lendemain, on a emprunté des vélos pour quelques pesos. On s'est amuse avec des enfants sur une plage. L'école était annulée. On a fait des jeux en anglais. On a joue au foot avec des noix de coco. C'était beau et attendrissant.
Le jour suivant, ciel bleu dégagé de toute menace. Un petit bateau nous amène à Paradise Island. Le sable est blanc comme de la neige fraiche. Toi tu montes dans la barque amarrée, te prends les pieds dans les filets.
De retour sur notre île, un scooter nous fait faire le tour. On passe à travers les camps des Nations Unis, qui hébergent les victimes de Haiyan dans des tentes. On arrive dans la capitale, on trouve une clinique, on t'enlève tes points de souture. A Manille, tu avais glissé et t'étais ouvert le menton sur le bord de la piscine. Ils se sont tous bien occupes de toi. La clinique n'a pas demandé d'argent. On a fait une donation.
On devait rester 5 jours à Bantayan. On y est restés 15 jours. Les patrons de l'hôtel nous ont logé dans une belle suite en haut de chez eux puis transférés dans un autre bungalow.
Finalement on est repartis. Quelques jours apres la tempête. C'etait une expérience unique, inoubliable...comment oublier ces sourires, ces gens doux et calmes, à l'opposé de leur passé.

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